Une île au-delà de l'univers

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 Lynn Tsuideni

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Lynn Tsuideni

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MessageSujet: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 1:14

Lynn :


Nom: Tsuideni
Prénom: Lynn
Age: 19 ans
Sexe: Féminin
Orientation sexuelle: Bisexuelle

Physique :

« Mes bottes s’enfoncent dans la neige, chaque pas me demande un effort surhumain que j’ai de plus en plus de mal à fournir. Tout mon corps n’est que douleur et souffrance. Suis-je encore en vie ? Je parviens même à douter sur la véracité de la réalité qui se déroule sous mes yeux. Mon imagination me fait peur, mon esprit s’échappe, me laissant seul, rendant ma confusion encore plus pénible.
Je tombe dans la neige, assailli par tant d’horreur. Vais-je mourir ici, condamné éternel des glaces ? Sûrement. Mais au moins mourrais-je libre. C’est toujours mieux que rien, non ?

Je lève péniblement la tête et croise un autre regard, aussi distant et froid que mon futur tombeau. Avec un peu de recul, je parviens à distinguer une jeune femme qui ne semble pas s’émouvoir de mon destin. Elle aussi, elle a accepté le fait d’être la dernière personne que je verrai. Elle est ma dernière vision. Je n’en suis pas peiné. Mieux vaut une inconnue qu’une personne que je connais.
Ses cheveux sont éparpillés autour de son cou, relevés en un chignon qui tient avec l’aide d’un simple bâton. Elle est vêtue d’un magnifique ensemble, orné de couleurs et de chaleur qui s’accordent en harmonie avec sa peau de nacre. Mais ses yeux, d’un bleu aussi profond que la mer, me paraissent remplis de froideur et d’indifférence. On dirait qu’elle se fiche bien de la réalité.
Ses lèvres, bouton de rose perdu au milieu de sa peau blanche, s’étirent en un fin sourire pourvu d’une pitié qui me dégoûte et m’horripile. Si elle se fiche de moi, pourquoi tant de compassion ?

Doucement, je tends mes doigts pour effleurer ne serait-ce qu’un instant sa peau. Elle est glacée, mais douce comme de la soie. J’ai l’impression d’être face à l’une de ces poupées de porcelaine que l’on offre aux enfants. Je suis sûr que la briser est aussi simple qu’elles. Elle me paraît tellement fragile, assise à côté de moi, en train de me regarder partir.
Est-ce un ange ? La réalité est tellement éphémère, tellement légère. Elle est aussi difficile à saisir qu’un papillon et cette jeune femme doit l’être tout autant. Elle est de ces personnes que l’on ne peut atteindre, que l’on ne peut approcher, qui vous terrorise avant même que vous n’osiez leur parler, tant leur charisme vous ridiculise… Et pourtant, elle a l’air si sucrée, mais sa présence m’intimide trop pour que j’ose ouvrir la bouche… Et, de toute façon, je ne trouve plus mes lèvres.
D’un seul coup, sa bouche est plus attirante. Elle, elle la possède toujours. La mienne n’est plus là. Je l’envie, je la jalouse. Il y a un instant, je l’admirais et maintenant, je la déteste. Elle déclenche chez moi bon nombre de paradoxes qui m’exaspèrent. Cet ange devient alors mon purgatoire. Elle n’est ni l’enfer, ni le paradis… Le purgatoire lui convient très bien.

Ma vue se brouille, il n’y a plus que mes yeux. Le reste de mon corps n’est plus que souvenir. Je ferme la dernière chose que je peux sentir de moi et, j’emporte dans ma mort, ce sourire dont la chaleur ne m’a jamais atteint… C’est si frustrant. »

Tenue vestimentaire :

« Elle était de ces personnes qui ont une garde robe plus remplie que la reine elle-même. Chaque jour était un jour nouveau et elle aimait l’afficher en portant des vêtements toujours plus différents les uns que les autres.
Du style princesse à celui du pauvre ère qui n’a rien pour se vêtir, elle confrontait des habits que l’on pensait incapables de coexister ensemble. C’était ça, l’effet Lynn.
Si certains, un peu fous, avaient tenté de l’imiter, ils avaient bien vite renoncé, tant ses tenues étaient extravagantes, en osmose avec la personne qui les portait. Arc-en-ciel de couleurs ou, au contraire, le noir de l’enterrement le plus triste, elle s’amusait à valser entre les nombreuses palettes de couleurs qui s’offraient à elle, jouant, déchirant, agrandissant pulls, tee-shirt, jupes, pantalons, robes et autres habits… Aucun ne résistait à son incroyable frénésie.
Elle osait innover, essayer les vêtements vieillots de sa mère pour les raccommoder et en faire des hauts et gilets des plus étonnants. Et pour ça, on l’aimait. »

Caractère :

« Il est trop dur de décrire Lynn. Je n’ai jamais réussi à comprendre comment elle fonctionnait. On dirait que ses pensées ne sont qu’un brouillon, une esquisse de ce qu’elle voudrait vraiment être, comme si elle se forçait à essayer d’être quelqu’un d’autre, comme si elle se cherchait encore.

J’aimais discuter avec elle, mais, en même temps, j’avais peur. Parce que des fois, je me retrouvais démuni, incapable de trouver quoi répondre à ses innombrables questions qui me paralysaient et me rendaient complètement impuissant.
Elle était trop impulsive et trop lunatique pour pouvoir espérer commencer une conversation un jour et la poursuivre le lendemain.
C’était une personne à la fois bizarre, mais également très banale. Elle était bourrée de paradoxe et enchaînait les questions, comme si elle cherchait à en obtenir une en particulier sans savoir exactement ce qu’elle cherchait.

Bien qu’on lui ait diagnostiqué cette maladie, elle n’a pas pour autant commencé à s’apitoyer sur son sort. Au contraire, je pense qu’elle essayait de rendre sa maladie encore plus présente dans sa vie pour essayer de l’accepter et de cohabiter avec elle. Ainsi, elle n’a jamais arrêté la cigarette dont elle est devenue dépendante. C’était, pour elle, sa seule accroche, son seul soutien, la seule chose qui lui permettait de ne pas sombrer dans ce précipice qui l’attendait à chaque tournant, à chaque coup dur. Elle voyait en elle une bouée de sauvetage qui la récupérait à chaque fois qu’elle s’égarait un peu trop loin dans les rêves pour la ramener à la réalité. Elle l’ancrait à ce monde, c’était son boulet qu’elle se traînait inlassablement et qui l’empêchait de s’envoler à nouveau, comme avant.
Parce qu’elle ne voulait plus être libre. Elle l’avait déjà été et elle en avait trop souffert. La liberté lui faisait peur. Alors, pour y échapper et pour retrouver les barreaux rassurants de son ancienne prison, elle s’en était créé une nouvelle, aussi noire et sale que l’abîme dans lequel elle était condamnée, mais qui l’empêchait de devenir complètement folle. Elle ne voulait plus se laisser ballotter au gré des flots, elle voulait maintenir un contrôle total et absolu sur sa vie, planifiant tout, devenant légèrement maniaque au fil du temps.
Chaque chose devait être à sa place. Elle faisait de l’extérieur le parfait opposé de son esprit qui s’embrouillait un peu plus à chacun de nos rencontres.

J’ignorais combien de temps elle tiendrait à ce rythme. Elle s’est d’ailleurs écroulée de nombreuses fois, crachant du sang et toussant. Peut-être aurait-elle dû ralentir le rythme, mais ce n’était pas son désir. Alors, je n’avais plus qu’à la regarder s’acharner à lutter de toutes ses forces contre une chose dont elle et moi ignorions tout.
Au fil du temps, je devenais dépendant d’elle. Je ne pouvais plus m’en passer. Il fallait que je la voie, que je parle avec elle, parce que j’avais l’impression qu’elle était capable de deviner le moindre de mes maux, la moindre de mes souffrances. Son regard m’attirait inexorablement, j’en voulais toujours plus, au risque de la faire fuir. J’avais peur, peur qu’elle s’en aille et ne me laisse seul, sans son soutien. Au début, j’étais censé l’aider, mais, au final, c’était elle qui m’aider. Nous ne parlions plus que de moi. Habilement, elle détournait chacune de nos conversations pour en revenir toujours à moi. Moi, moi, moi, moi… Ça n’avait pas l’air de lui déplaire alors, égoïstement, je continuais. Je jouais le jeu, en imbécile heureux que j’étais.

Et puis, un jour… Elle disparut de ma vie, me laissant seul. Peut-être considérait-elle son travail comme achevé, mais je pris ça pour une trahison de sa part. J’avais besoin de sa présence. »

Pouvoir:

Empathie : elle est capable de ressentir chaque sentiment qui l'entoure, dans un être humain, mais également dans un simple animal. Néanmoins, il lui est impossible de lire dans les pensées, elle interprète seulement ce qu'elle ressent à l'égard de la personne qui lui fait face.

Souvenir hanté :
Probablement ses visites chez son psychiatre avec qui elle ne parvenait pas à communiquer. Aucun des deux ne pouvait comprendre l'autre ce qui rendait leurs rencontres complètement inutiles. De plus, le fait que consulter un psychiatre ne change rien à son comportement déclencha l'énervement de ses parents. Pour certaines personnes, ce n'est rien, mais pour Lynn, cela représentait beaucoup. Si elle avait toute les libertés dont peut rêver chaque adolescent, c'était avant tout parce qu'elle faisait ce que l'on attendait d'elle, et ne pas parvenir à satisfaire l'insatiable appétit de ses parents la plongeait dans la confusion la plus complète.

Secret :
- Elle est atteinte d'un cancer du poumon, diagnostiqué à l'âge de quinze ans.

Autres:
- Elle a le tatouage d'un papillon sur l'omoplate droite.

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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 1:31

Bienvenuuue !!
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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 10:25

Bienvenue (j'aime beaucoup ton avatar)
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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 10:39

ZUUUUUUUUuutt !!! Elle est bi !! C'est dommage !! Elle est recalée !! xD *Casting de Nath' !*

Bienvenue et bonne chance pour la suite de ta fiche !!
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Herida Rasgon

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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 10:55

    Bienvenue et bonne chance pour le reste de ta fiche!
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Nathaël Primard

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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 11:25

C'est pas un casting TT__TT

Bienvenue à toi et bonne chance pour la suite ^^
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Kasumi Ityna
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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 13:01

J'ai validé le code. Bonne continuation!
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Lynn Tsuideni

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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 15:06

Histoire :

« La vie ressemble à la maladie en ce qu'elle procède par crises et usure progressive, comme elle comporte aussi ses améliorations et aggravations quotidiennes. Mais, à la différence des autres maladies, la vie est toujours mortelle. »


[Italo Svevo]
Extrait de La conscience de Zeno


.:.


La gamine pressa le pas à la sortie du collège. Vite ! Ces cours ennuyeux et inutiles étaient enfin finis, elle allait pouvoir réconforter son corps meurtri à dose de nicotine, bien callée dans le renfoncement du mur qui était très vite devenu leur repère à ses amis et elle.
Ils étaient déjà là, tous ceux qui avaient terminé avant elle l’attendaient, soupirant d’exaspération en la voyant enfin arriver. Elle leva les mains au ciel, amusée.

« Désolée, désolée, j’arrive. »

Elle se dépêcha de les rejoindre avant de recevoir les foudres de ses camarades et tous purent piocher dans son paquet. Cette bande de pauvres était incapable d’aller s’acheter eux-mêmes leurs cigarettes et elle se retrouvait obligée de les leur fournir lorsqu’ils étaient vraiment en manque.
Elle en attrapa une et l’alluma avant d’en tirer une longue bouffée. Elle faisait partie de ces enfants à problèmes dont on ne voulait plus, ceux que l’on désirait à tout prix écarter du système scolaire parce que leurs nombreuses incartades ternissaient le prestige de l’établissement dans lequel ils se trouvaient.
Mais, raison qui arrêtait la main de ses professeurs à chaque fois qu’ils la menaçaient de l’envoyer en conseil de discipline était que Lynn Tsuideni était de loin la meilleure élève de l’école. Elle accumulait les bonnes notes pour faire plaisir à ses parents qui, en retour, la laissaient totalement libre et indépendante.
C’était une sorte de deal passé entre eux. Elle leur fournissait de quoi se vanter auprès de leurs collègues de travail et eux lui fichaient la paix. Ainsi, qu’elle fume, boive ou se drogue leur était totalement égal… Autant dire que la communication n’était pas vraiment le point fort de la famille Tsuideni.

Son père était le salarié modèle d’une grande entreprise. En quelques années, il avait su gravir chaque échelon en partant du bas, et était très vite passé de l’anonyme au directeur en charge de toute une branche de la société. Il était celui sur qui le dirigeant comptait à chaque fois qu’il n’arrivait plus à se tirer d’affaire. Son père avait su devenir assez indispensable à l’entreprise pour ne pas faire partie de ces effectifs à qui l’on demande de partir à la moindre crise.
Sa mère, quant à elle, avait d’abord été une modeste esthéticienne de quartier pour ensuite créer sa propre société. Elle possédait désormais un immense salon dans lequel se réunissaient toutes les femmes les plus riches de la ville et des bourgs alentour.
Lynn n’avait donc pas à se plaindre. Elle ne manquait de rien. Elle était heureuse et espérait bien que ça dure ainsi pour toujours.

. :.


« Je vais mourir ? »
« Ce n’est pas pour tout de suite… Mais, oui. Ah ! Mais ne vous inquiétez pas ! Il existe des traitements très efficaces qui prolongeront votre espérance de vie. Maintenant, nous allons travailler ensemble, d’accord ? »


Elle lui décocha un sourire amer et leva les yeux vers lui.

« Non. Je ne veux pas de vos traitements miracles. Si je dois mourir, que ce soit maintenant ou dans vingt ans, qu’est-ce que ça change ? Merci et… Au revoir. »

Elle se leva de sa chaise, dégoûtée. Ce médecin qui la regardait avec son immonde pitié était répugnant. Etait-elle tellement pitoyable à ses yeux ? Depuis quand était-elle tombée si bas ? Elle se fichait bien que les gens la détestent, c’était de loin le meilleur sentiment pour être reconnue aux yeux de tous. Mais jamais… Jamais au grand jamais elle n’avait désiré finir ainsi. Elle se faisait horreur. Un cancer du poumon ? Et alors ?! Ça arrivait tous les jours, non ?

.:.


Il est triste d’avouer cette vérité qui finit par nous tomber un jour ou l’autre. Elle est cruelle et implacable et, pire encore, il est impossible de lui échapper. Si l’on se croyait bien à l’abri, caché dans notre petite cage dorée, il n’en était rien. Il est difficile d’imaginer le fait que les barreaux finissent par se briser, nous laissant seul dans le noir, perdu à jamais dans les méandres d’un oubli qui nous glace d’effroi… Car le bonheur ne dure pas éternellement.

« Qu’est-ce que le bonheur pour toi ? »
« Le bonheur ? Une chose bien trop éphémère et illusoire pour que l’on puisse s’en saisir et le garder près de soi. »
« Le garder près de soi ? Comme un animal ? »
« J’imagine, oui. »


Si seulement elle n’avait pas fait cette erreur… Des erreurs, on en fait tous, certaines sont pardonnables, mais d’autres… Ce sont des secrets inavoués qui finissent forcément par nous retomber dessus un jour ou l’autre.
On croit que l’on est tout puissant, que l’on peut faire ce que l’on veut, mais il n’en est rien… Il est tellement facile, tellement simple de briser ce que l’on croit acquis. Un mot, un seul, peut tout changer. Et une personne est à même de prononcer ce mot, c’est cette personne qui détruit votre vie en un claquement de doigt, qui fait de vous un paria de la société, quelqu’un à éviter.
D’enfant prodige dont l’on est fier, on devient l’enfant à cacher aux yeux de tous, dont l’on a honte.

« Pourquoi ? »
« Je ne sais pas… Peut-être parce que j’ai cru pouvoir égaler le soleil avec de simples ailes de cire. »
« Et que s’est-il passé ? »
« Je suis tombée. »


Elle leva doucement les yeux vers son psychiatre qui l’observait d’un air peiné. Son cancer était bel et bien là et, avec lui, toutes les complications que ça impliquait. Son médecin lui avait dit qu’il n’avait encore jamais vu ça. Un cancer aussi jeune… ? Impossible avait-il d’abord décrété, mais les analyses ne mentaient pas. Elles ne pouvaient pas mentir. Elles avaient détruit le seul élément restant de la boîte de Pandore, le seul qui ne s’était pas échappé : elles avaient anéanti l’espoir de ses parents.
Désormais, ils la regardaient comme une autre personne. Qu’était-elle devenue à leurs yeux ? Ils l’avaient envoyé chez ce psychiatre qui n’arrivait pas à la comprendre, qui ne pouvait pas expliquer comment elle fonctionnait. Comment un homme aussi grand, ayant fait tant d’années d’étude, pouvait se retrouver dans l’incapacité de sonder l’esprit d’une adolescente de quinze ans ? Sûrement était-il aussi stupide et niais que les autres.

« T’aimes-tu ? »
« Qui pourrait se vanter de s’aimer ? »
« Des gens un peu trop fiers d’eux-mêmes. »
« Si c’est là votre définition alors non, je ne m’aime pas. »


Il griffonna encore quelque chose dans son carnet, son stylo obnubilait la jeune fille. Elle aurait aimé savoir ce qu’il était en train d’écrire avec tant de ferveur, avec tant d’acharnement.
Elle se leva, prête à partir.

« Qui es-tu ? »

Lui demanda-t-il pour la énième fois. Elle soupira.

« Une simple personne de passage dans votre cabinet. »

Et elle sortit.

.:.


« Pourquoi êtes-vous revenue ? »
« Je ne sais pas… Sûrement pour faire plaisir à mes parents. »
« Leur faire plaisir est si important pour vous ? »
« Oui. »


Le stylo bougeait à toute vitesse, comme emprunt d’une vivacité inhabituelle. Elle ne l’avait jamais vu ainsi. Lui toujours calme et posé, il dégageait une impatience qui ne lui ressemblait pas. Elle pinça les lèvres. Devait-elle aborder le sujet ou simplement se taire et attendre ?
Cela faisait maintenant trois ans qu’elle le voyait, qu’ils parlaient de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, cette séance hebdomadaire était devenue une habitude, un train-train quotidien auquel elle ne pouvait échapper. C’était une nouvelle prison et pour cela, elle s’en accommodait.

« Est-ce que… »
« Quelque chose ne va pas ? »
« Pourquoi cette question ? »
« Vous semblez… Différent aujourd’hui ? »


Il s’arrêta pour la regarder. C’était la première fois qu’il osait vraiment poser ses yeux sur elle. Elle avait toujours eu l’impression qu’il essayait d’entretenir une certaine distance avec elle, distance qu’elle ne s’expliquait pas. Ne s’était-elle pas montrée courtoise, polie et ouverte à chacune de ces questions ? Alors pourquoi ce désir de ne pas la laisser s’approcher, elle aussi, de son jardin secret ?

Il n’était pas beau, il n’était pas vraiment moche non plus. A la base, elle avait simplement décidé qu’il ne lui plaisait pas et qu’elle n’aurait, avec lui, qu’une simple relation de docteur à malade, mais, au fil du temps, elle avait fini par lui trouver un charme mystérieux.
Il ne parlait pas beaucoup, il se contentait de lui poser des questions et elle, elle répondait. Cette relation se basait plus sur le silence. C’était beau et doux. Elle avait fini par aimer ça.
Alors… Avait-elle le droit d’en demander plus ? En tant que malade, avait-elle le droit de désirer son médecin ? Parce que oui, elle le désirait.
Elle désirait qu’il soit à elle et à elle seule. Elle voulait que personne d’autre ne le regarde, qu’elle puisse être l’unique personne en ce monde à pouvoir profiter de sa voix, de son regard. Elle le voulait. Elle voulait posséder chaque parcelle de son corps, avoir explorer le moindre recoin de sa peau, et cette envie s’accentuait de plus en plus avec le temps qui s’écoulait.

« Peut-être parce que, parfois, les interdits nous empêchent d’agir. »
« Quels interdits ? »
« Tu sais très bien de quoi je parle. »
« Pour moi, rien n’est interdit. J’ai créé ma prison, je l’ai façonnée… Je peux la détruire. »
« Toi, tu peux… Mais d’autres ne le peuvent pas. »
« Comment peuvent-ils dire cela sans avoir essayé ? »


Ses lèvres touchèrent les siennes. Elle avait maintes fois imaginé cet instant, elle l’avait ressassé dans sa tête inlassablement, mais son esprit n’avait pas su retranscrire exactement ce qu’elle ressentirait à ce moment-là. C’était comme si son cœur était en feu, qu’il allait se consumer pour ne laisser de son passage qu’un petit tas de cendre.
Elle sentait ses doigts qui effleuraient lentement ses hanches, passant timidement sous sa tunique pour prendre l’assurance et oser aller plus loin.
En avait-elle le droit ? Au diable les droits ! Au diable les lois ! Qui pouvait l’en empêcher ? Personne ne saurait. Ce serait leur secret, leur secret inavoué, leur péché, leur fruit défendu, cette chose qu’ils ne garderaient que pour eux.

« Je t’aime. »

.:.


Elle sortie de chez lui. Il faisait nuit, mais la lune l’apaisait et refoulait sa peur de l’obscurité. Elle la cachait dans un coin de sa tête pour qu’elle s’y fasse oublier.
Derrière elle, des bruits de pas se firent entendre. Elle pressa le sien ce qui déclencha l’excitation de ce qui la traquait. Elle devait se dépêcher. Elle savait quel genre d’individu était en train de se lancer à sa poursuite. Elle emprunta la première ruelle qui croisa son chemin et tomba sur un cul-de-sac. Piégée. L’homme la regarda, amusé à la vue de sa nouvelle proie. C’était un jeu pour lui, un amusement pour se sortir de la torpeur gluante de sa vie. Il s’approcha d’elle.

Elle lâcha le lapin en peluche qu’il venait juste de lui offrir. Celui-ci roula dans la neige. L’un de ses yeux se détacha, ne laissant de son passage qu’une mince ficelle qui pendouilla misérablement. Un cri s’éleva dans les airs, telles les notes légères d’un sinistre et obscur requiem.

Prisonnière de cette ruelle sale et nauséabonde, cachée à la vue des passants aveugles et sourds, elle griffait, elle hurlait, elle mordait. Elle avait peur, et cette peur lui donnait une force qu’elle ne se soupçonnait pas.

Elle parvint avec peine à se dégager de ces deux bras qui l’enserraient et l’étouffaient. Elle fuit ces doigts qui parcouraient fébrilement son corps, arrachant sa jupe. Elle voulait mourir, que tout s’arrête. Elle aurait aimé faire taire ce râle d’excitation qui s’échappait de ses lèvres déposant sur son corps de violents baisers. Elle voulait vomir.
Une main se resserra fermement autour de sa cheville pour la tirer en arrière. Son haut lui fut arraché. Honte. Les doigts errèrent sur sa poitrine et sur son ventre en de malsaines caresses qui lui firent mal. Blessure. Il n’avait qu’un seul et unique but, et elle le savait. Terreur.
Le dernier rempart de tissu qui la protégeait encore de ces yeux avides disparut, bientôt suivi d’une douleur qui monta en puissance. L’humiliation lui faisait perdre la tête, la peur obscurcissait ses pensées. Elle ne pouvait plus crier, seulement pleurer et gémir d’horreur et de dégoût.

Allongé dans ce manteau blanc, le lapin en peluche assistait, de son œil unique, à l’horreur absolue.

. :.


Sale et pitoyable, elle enfila sa jupe, déchirée sur le côté et passa maladroitement son haut en lambeaux. Pieds nus, elle se saisit du lapin malmené, glissant l’œil dans son sac qui traînait dans un coin et marcha, tant bien que mal jusque chez elle.
Mais, sur le chemin, une sorte de portail doré se dessina dans les airs. Elle eut juste le temps de reprendre ses esprits et de le voir pour ensuite se faire happer par la porte. Elle bascula en avant, ignorant ce qu’il se passait.


[Désolée, la longueur de mon message dépassait la limite autorisée].


Dernière édition par Lynn Tsuideni le Dim 28 Sep - 16:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 15:34

Bienv'nue!Beau vava but je suis pas assez courageuse pour lire l'histoire!
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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 15:37

Est-ce que ton histoire est terminée? ^^
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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 15:43

Pas tout à fait ^^ . Je te préviens par MP dès qu'elle est finie.

Merci à tout le monde ! =D
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MessageSujet: Re: Lynn Tsuideni   Dim 28 Sep - 16:39

Pas mal, l'histoire. J'aime bien comme tu écris. : )

Bref. Validée! ^^
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